SÉQUENCE 1 – INT. JOUR.
CASSIEL et ASHA sont assis sur un des sofas de la cafétaria de la Sorbonne Nouvelle.
CASSIEL
Si j’ai bien compris tu es allée à une conférence du CNC hier ?
ASHA
Oui, sur le cinéma durable !
CASSIEL
Euuuh, c’est un peu vague comme sujet non ?
ASHA
Oui, mais la journée était divisée en plusieurs tables rondes centrées chacune sur une problématique différente. Deux grandes questions réunissaient l’ensemble des tables rondes : comment trouver des solutions durables pour réduire l’empreinte écologique du cinéma, et comment former les nouvelles générations à ces enjeux.
CASSIEL
C’est cool que le CNC organise ça.
ASHA
Oui, et ils n’étaient pas seuls. L’ADRC, agence nationale pour le développement du cinéma en région, et l’université Sorbonne Nouvelle ont aussi contribué. La conférence reposait principalement sur un dialogue entre chercheurs et praticiens.
CASSIEL
Et sur quoi portait la première table ronde ?
ASHA
La première table ronde faisait un état des lieux sur l’empreinte écologique du cinéma, en accordant une attention toute particulière sur la salle de projection. Notamment sur l'évolution des techniques entre pellicule et numérique si ce sujet t'intéresses, mes potes ont réalisé un documentaire sur la dernière salle de France qui projette de la pellicule quotidiennement, et c'est à Paris !
CASSIEL
Oh génial, donc c’est un peu du green media studies.
ASHA
Tu t’y connais ?
CASSIEL
Oui, on avait étudié ça en cours. Dans les années 90, les différents champs
artistiques ont commencé à être étudiés sous un angle écologique. Ça s’est étendu au cinéma dans les années 2000.
ASHA
Exactement ! À l’époque, ils s’intéressaient surtout à la portée des textes médiatiques. C’est dans les années 2010 à 2020 qu’apparut une approche plus globale s’appuyant également sur l’importante empreinte matérielle du cinéma. Par exemple, les transports représentent 32% des émissions de carbone. Ce chiffre regroupe à la fois les déplacements durant le tournage et ceux lors de la distribution, pour transporter les pellicules par exemple.
CASSIEL
Mais donc le numérique doit diminuer l’empreinte écologique du cinéma ?
ASHA
Non, bien que moins visible, le numérique a bel et bien une empreinte physique : ce qu’on pense économiser en mobilité est déplacé et multiplié dans les centres de stockage de données et les terminaux.
CASSIEL
Alors la salle serait plus écologique que les sites de streaming ? Tu sais, puisque ceux-ci sont numériques.
ASHA
Malheureusement, il n’y a aucune étude empirique dans le domaine du cinéma sur la question. Mais nous pouvons créer un parallèle avec le domaine de la musique où s’est opéré également un transfert des méthodes, des salles aux plateformes numériques. Les études faîtes dans ce domaine montrent que tous les supports ont une empreinte carbone, et que le numérique ne fait que déplacer le problème, voire l’aggrave puisque la consommation du numérique se fait à une bien plus grande vitesse que la consommation des œuvres en salle. Les conclusions ne sont pas univoques : certains disent que le numérique est un avantage, d’autres montrent qu’après l’examen de toutes les catégories d’impact, aucun ne se prévaut.
CASSIEL
Okay mais du coup ce que je comprends c’est qu’il n’y a pas de bonnes solutions. Le cinéma est énergivore quoi qu’on fasse.
ASHA
Non, il y a toujours moyen de limiter notre impact. Ça commence durant la production. Laurence Allard nous parla d’une expérience où ils mirent en place un label dans le but d’abaisser les émissions de carbone à travers diverses actions. Par exemple, en pratiquant le covoiturage et en utilisant les transports en commun, les productions qui se sont mises à l’épreuve ont réussi à baisser de 34% leurs émissions de CO2 dans la catégorie mobilité ; en utilisant des matériaux de seconde main, venant de ressourceries, ou en s’investissant dans la réutilisation de matériaux, leurs émissions de CO2 ont diminué de 22% dans la catégorie matériaux ; et en proposant une oOre végé à tous les repas ou un repas végétarien par semaine, elles réduisirent de 40% leurs émissions dans la catégorie alimentation.
CASSIEL
Et pour la distribution ?
ASHA
C’est le sujet des tables rondes suivantes. Je te raconterai tout ça prochainement !
Traduit en anglais par Mathilde Rivière