- LE FESTIVAL -
SÉQUENCE 1 – Int. Nuit.
L’action se déroule au sein de l’amphi 500 de la Sorbonne Nouvelle. Les gradins sont bondés. Les étudiants jubilent à l’ouverture de la deuxième soirée du festival Objectif Censier. Le directeur de l’université DANIEL MOUCHARD et la directrice de l’UFR Arts et Médias KIRA KITSOPANIDOU ouvrent la soirée avec un discours alertant sur la mise en danger de la culture. Vint alors la présentation du bureau, pour finir par celle du jury composé de RAPHAËL JOUZEAU, réalisateur de courts métrages d’animation, BELLA KIM, actrice et mannequin, SUEWELLYNE GROULIER, monteuse et réalisatrice, ANGÈLE ROPERO, directrice de production, et FRÉDÉRIC MAURIN, maîte de conférence en études théâtrales.
VOIX-OFF
Cher.ère lecteur.ice, bienvenue dans cet article qui retracera les moments forts de cette deuxième soirée du festival Objectif Censier ! Le festival ouvre ses portes pour une dix-huitième édition et une chose est sûre : les étudiants de la Sorbonne-Nouvelle Paris 3 sont au rendez-vous : une large partie des L3 de la licence Cinéma-Audiovisuel ont participé à la création de 27 courts-métrages, dont 13 vu ce soir. La diversité des styles, registres et sujets abordés composent une mosaïque vive en couleurs. Voici quelques mots sur nos coups de cœur et les films primés de cette soirée.
- LES FILMS -
SÉQUENCE 2 – LA PHOTOGRAPHE
Une femme développe des photos argentiques dans un studio de développement. Elle suspend ses photos au fil de séchage.
VOIX-OFF
Réalisé par Sofia Ehrlacher et Jazzya Wespi, La Photographe sectionne l’univers qui nous entoure pour en soustraire les images qui s’o^rent à nous. Les plans ingénieux revisitent notre manière de voir le monde : la caméra évite le rapport frontal au sujet préférant sa photo, son reflet dans le miroir ou sa silhouette dans le cadre d’une fenêtre. Nous ne suivons pas seulement une photographe : nous suivons son regard qui se fait le nôtre. Pour sa pluralité de perceptions, La Photographe obtint le Prix UFR Art et Médias.
SÉQUENCE 3 – FRANCHEMENT VRAI : SA MALADIE ÉTRANGE L’EMPÊCHE DE VIVRE
Un jeune homme est interviewé sur son étrange maladie : son corps rejette d’importantes quantités de fluides corporels, phénomène accentué par les phases de la lune.
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Ce film est le fruit de la fusion de plusieurs esprits : Claudia Mari, Eleanor Murphy, EsanahMytnik, Lilou Romans et Julien Raclot.Une chose est sûre, cette comédie remplit son objectif : la salle était hilare aux déboires du personnage principal. Cyprien Huard fut parfait dans le rôle principal, rendant son personnage à la fois drôle et attachant, ce qui lui valut l’attribution du prix de l’interprétation.
SÉQUENCE 4 – APHONIA
Une femme apparaît au centre du cadre. Des mains font passer sur sa bouche un bandeau blanc, l’empêchant de parler. La jeune femme annote frénétiquement ce qui semble être un recueil de poèmes. Elle reste silencieuse. Des hommes commentent son état devant elle : ils disent qu’elle est en train de perdre l’esprit.
VOIX-OFF
Aphonia fut encore une fois la collaboration d’un groupe d’artistes, composé de Sophia Hernandez Delgado, Alexandre Jaeck, Sophia Kostrikis, Tess Le Cosquer, Annette Godéreaux. L’œuvre repose moins sur une histoire mais plus sur une sensation : celle d’être perpétuellement réduite en silence. Le film se démarqua par la beauté de ses plans. Nous pouvons citer le gros plan sur la tête de la jeune femme allongée sur le sol, un serpent glissant dans ses cheveux, faisant ainsi allusion à Médusa, symbole de la femme trahie, mais aussi celui où le visage du personnage sombre peu à peu dans les eaux obscures des fleurs sortant de sa bouche.
SÉQUENCE 5 – H.O.R.U.S
Des coups de feu se font entendre. Un groupe de jeunes armés se cachent dans une forêt enneigée. Ils se réfugient dans une grotte. Ils sont accompagnés d’un petit robot. Une armée contrôlée par des robots sont à leur trousse pour stopper leur rébellion.
VOIX-OFF
Création de Zélie Marie, Martin Darque, et Axel Blanche, H.O.R.U.S nous plonge avec succès dans un futur dystopique grâce aux costumes et aux décors, particulièrement bien exécutés. Le mini robot les accompagnant est particulièrement bluffant : sa mobilité, sa rapidité et son design lui donne l’air de venir tout droit du futur. Une petite réserve sur le film : le mixage son ne laissait pas assez entendre les voix. Les enjeux des personnages étaient donc difficiles à déchiffrer.
SÉQUENCE 6 – ÉTOILES BINAIRES
Split screen. La partie gauche du plan nous plonge dans un univers inquiétant que l’on pourrait situer entre Peaky Blinders et Le Samouraï de Jean-Pierre Melville. À droite, fées, princesse, pirates et autres êtres fantastiques cohabitent dans un monde féérique.
VOIX-OFF
Ce film de Karim Roussel impressionna par son concept ingénieux et son exécution parfaite. Deux mondes, deux personnages, une connexion. Deux plans furent particulièrement marquants : le premier fut celui où les deux personnages, un jeune homme en costume trois pièces et une jeune fée, se retournèrent vers le spectateur simultanément, remarquant qu’ils étaient tous deux suivis. La symétrie exacte de leurs mouvements, des valeurs des plans, et de leurs expressions donne à voir deux êtres totalement différents reliés par la magie du cinéma. Lors de la course poursuite qui s’ensuit, les personnages courent jusqu’à se percuter l’un l’autre. Ce plan fut le deuxième qui retint notre attention.
Les deux êtres sont sur un pont, ils se regardent. Ils semblent être dans le même espace-temps, le décor étant continu, or une ligne verticale noire et les colorimétries différentes des plans les séparent. Des passants franchissent la ligne et se transforment d’un univers à un autre selon les codes de ces univers : des costumes sombres d’époque en entrant à gauche, et des déguisements colorés en pénétrant dans le monde féérique. Les deux êtres se fixent l’un et l’autre : l’histoire de toute une vie semble se dérouler dans leurs regards. Étoiles Binaires fit donc un usage parfait de certains paramètres cinématographiques pour créer une connexion intense entre deux êtres appartenant à des univers opposés. Cette ingéniosité fut remarquée à la fois du public et des jurys, accordant respectueusement au court-métrage le prix du public du vendredi et le prix de la mise en scène.
SÉQUENCE 7 - TNT
Une famille essaye de regarder les élections. Cependant la télévision ne cesse de beuguer, laissant entrevoir des images d’actualité, exposant sans filtre la guerre, les explosions et la misère comme celles des bombardements à Gaza.
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Encore une fois, ce court-métrage réalisé par Sharif Nefra, Ruben Pujol et Samaëlle Joumier se démarque par l’originalité de son concept. La majorité du film repose sur un plan fixe d’une télévision. La famille qui la regarde existe grâce au son : nous pouvons par ailleurs discerner avec aisance les propos de la mère quand celle-ci annonce : « voter est un droit, pas un devoir». Ce propos se voit vite contredit quand des images des plus horribles se succèdent, révélant avec une brutalité nécessaire l’état actuel de notre monde. Grâce à au travail sonore, le TNT obtint le prix du son.